jeudi 8 avril 2010

Chapitre 23 - Lui!? -


Vendredi 11 Septembre


Il ne nous restait plus qu’une dizaine de minutes pour être prêts à retrouver Norma. Cela faisait une heure qu’elle était montée nous voir pour nous annoncer que ce soir elle nous invitait au restaurant pour enfin rencontrer Justin ! Je dois bien avouer que j’accueillis cette nouvelle avec soulagement. Cela allait à coup sûr nous changer les idées. Cependant, je n’étais pas certain que Boris soit aussi enthousiaste que moi
« On peut encore annuler si tu veux ? Je descends voir Norma et je lui explique.
- Non, non. Ça ne peut pas me faire de mal.
- C’est ce que je crois aussi. Tu vas t’habiller comment ?
- Jean et t-shirt. Pas la tête à me compliquer la vie.
- Tu seras beau de toute façon...
- Tu sais, en prenant ma douche, j’ai réfléchi à quelque chose.
- Oui, quoi ?
- Je devrais peut-être retourner vivre à Paris ? Ça serait plus simple non ?
- Plus simple ? Plus simple pour quoi ? Moi je veux vivre avec toi c’est tout. Et ça me semble simple je trouve.
- Mais moi aussi je veux vivre avec toi mais niveau thunes, on ne va jamais s’en sortir.
- Mais oui, on va s’en sortir. Pourquoi est-ce qu’on n’y arriverait pas ? Des millions de jeunes s’en sortent alors pourquoi pas nous ?
- Je ne sais pas. Ça me fait juste peur.
- Et puis si à la moindre secousse, on panique et on retourne à la case départ, on ne va jamais y arriver. Fais-moi confiance.
- Merci.
- Merci ? Pour quoi ? Parce que je t’aime ? »

Je m’attendais à ce que Norma ait mis toutes les chances de son côté mais peut-être pas autant. Elle était magnifique. J’ai souvent l’occasion de le penser mais là, le mot magnifique était tout sauf illégitime ! Il avait été créé pour elle. Elle portait sa dernière acquisition, une robe bustier couleur corail de chez Zara, des compensées en liège et avait noué ses cheveux d’une manière impossible à décrire.
« Je ne sais pas quoi dire !
- Dis juste que je suis superbe !
- Tu l’es. Et bien plus encore !
- Oui c’est vrai ! Tu es splendide.
- Merci Boris. Ça va ? T’as une petite mine.
- Oui, oui ça va. Juste crevé. Désolé pour ce midi. Comme je t’avais dit, j’ai finalement vu mon père.
- Pas de souci. Et ça a été ?
- Ouais... Et alors il est où le Justin ?
- Il nous retrouve devant la crêperie où j’ai réservé. C’est à deux pas, rue du Père Adam.
- Ça fait super longtemps que je n’ai pas mangé de galettes ! C’est une super idée Norma.
- Cool alors. Et comme c’est tout près, on va pouvoir se prendre une bonne cuite au cidre !
- Tiens, en parlant de cuite, des nouvelles de Clara ?
- T’as pas reçu son texto ?
- Non. Il disait quoi ?
- Elle veut nous voir tous les deux demain après-midi. Des trucs à nous dire.
- Ouh la, je crains le pire... Si c’est pour cracher son venin comme hier, ça sera sans moi.
- Je ne pense pas vu que dans son texto elle s’excusait pour hier soir. C’est bizarre que tu ne l’aies pas reçu.
- Cherche pas. Mon téléphone était déchargé et je n’ai même pas pensé à le brancher tellement j’étais naze en rentrant de cours.
- Et là, tu te sens mieux ?
- Ouais. L’actifed m’a fait du bien. J’ai choppé la crève hier avec toutes ces conneries.
- Ah Justin est là ! J’espère qu’il va vous plaire. »

Nous étions à cinquante mètres. Peut-être un peu moins, je n’ai jamais eu le compas dans l’œil et effectivement, Justin semblait être très beau. Bon, ok, j’étais myope et si ça se trouvait, il n’était pas si extraordinaire. Plus j’avançais, plus ma première idée s’avérait être la bonne. Grand, les cheveux châtains clairs légèrement ondulés. En nous voyant, il s’avança dans notre direction et là, ça me sauta aux yeux ! Mais oui, il était beau ! Très beau même. Mais surtout, je le connaissais et j’avais outrageusement fantasmé sur lui il y a quelques semaines. La honte !
« Et bien voilà les garçons, c’est Justin.
- Salut ! Enchanté !
- Donc ça c’est Simon.
- Enchanté également.
- Et ça, c’est son copain, Boris !
- Bonsoir Justin. Depuis le temps que Norma nous parle de toi.
- Je peux en dire autant de vous deux. C’est dingue, Simon, mais j’ai l’impression de t’avoir déjà vu. »
Et voilà, j’en étais sûr. Super ! Il va bientôt réaliser que je suis celui qui l’a reluqué pendant plus de trois heures lors d’un voyage en train pour rentrer à Rouen. Je vais la jouer profil bas je crois.
« Ah bon ?
- Ouais mais impossible de savoir où.
- Vous vous êtes peut-être déjà croisés en ville.
- Sans doute. Rouen c’est petit finalement.
- Oh ça me reviendra sans doute. »
Tout ce dont j’avais besoin, un type qui a toujours rêvé d’être détective. Il ne manquait plus que ça. Je devrais peut-être prévenir Norma qu’elle s’engage dans une relation sérieuse avec Jessica Fletcher...

« Et donc tu viens du Havre ?
- Ouais. Ça fait juste trois ans que je vis à Rouen.
- Et ça va, ça craint pas trop là-bas ?
- Non. Pourquoi ? Les gens ont une idée très bizarre du Havre je trouve.
- J’ai toujours entendu dire que ça faisait ville de l’ancien bloc soviétique.
- L’architecture est spéciale mais on s’y fait. Vous y êtes jamais allés ?
- Moi oui. J’y ai passé quelques jours. Enfin juste à côté, à Sainte-Adresse. On était chez un ami de mes parents. J’ai fait un peu de voile et pris le soleil. J’ai bien aimé. A part les galets. Beaucoup trop gros. Ceux d’Etretat sont quand même vachement plus agréables.
- Entièrement d’accord avec toi. La plage est grande et belle mais le souci ce sont les galets.
- Ah oui et j’ai visité le musée des Beaux Arts aussi. Le musée Malraux c’est ça ?
- Oui c’est ça.
- Il est très beau ce musée. D’ailleurs en parlant de très beau, il y avait un petit guide vraiment pas mal là-bas. Il s’appelait même Emmanuel si je me souviens bien. Je dois bien avouer que j’ai un peu beaucoup fantasmé sur lui. Mais bon chut, c’est un secret.
- Promis, on ne le répétera pas. Et puis si on devait révéler le nom de tous les gens sur qui on a fantasmé, certains ne s’en relèveraient pas ! C’est moi qui vous le dis ! [Ils en faisaient exprès ? Oui, c’est ça, je suis dans une caméra cachée et bientôt un vieux présentateur québécois et moustachu va sortir de dessous la table et me dire Simon c’est Surprise Sur Prise ! Et là, je serai partagé entre honte et soulagement, entre prendre mes jambes à mon cou et rire d’un gros rire exagéré]. Enfin celui qui nous bat tous dans ce domaine c’est Simon quand même !
- Oui je crois qu’on peut dire ça ! C’est le champion toutes catégories !
- Ah oui ? C’est vrai Simon ? [Là, ils commencent à être lourds et le piège va capoter si ça continue. Ils devraient la jouer plus fine. D’accord, c’est un vilain défaut. Je ne le ferai plus jamais, promis. On peut arrêter maintenant ?]
- Je ne trouve pas. Je donne juste une chance à tout le monde.
- Oui on va dire ça comme ça ! Non, avoue qu’il y a des fois, tu fantasmes sur des types qui n’ont rien pour eux !
- Dis tout de suite que j’aime bien les thons.
- Ben... Boris est l’exception qui confirme la règle.
- Oh il y en a d’autres rassure-toi Norma. [c’est le moment où je lui dis que j’ai bavé sur son copain il y a un mois et demi alors que je revenais de Bretagne ? Peut-être pas.]
- Tu te rappelle Boris le garçon qu’il a trouvé mignon hier soir au Vicomté ?
- Celui avec le gros derrière ?
- Ouais ! Il était horrible.
- Bon d’abord il n’était pas du tout affreux. Il était très mignon mais malheureusement, il était plutôt très fourni au niveau cul mais c’est tout. Et ensuite, on ne va peut-être pas passer toute une soirée sur mes fantasmes.
- On n’aurait jamais assez d’une soirée de toute façon. Tiens passe-moi le cidre s’il te plait.
- Je ne sais pas vous mais moi, ma galette est délicieuse !
- Pareil. Ah, excusez-moi, je dois décrocher, j’attends cet appel. Je reviens. »

Et là, Justin se leva et confirma ce que je savais déjà. C’était bel et bien lui. Bon ok, je n’avais jamais eu de doutes. Ces cheveux, ce sourire, ces yeux. Ça ne pouvait être que lui. Et là, je constatai qu’il portait un boxer turquoise. Monsieur B.T. était de retour et j’avoue avoir été quelque peu émoustillé par cette vision. J’avais beau être amoureux, je n’en restais pas moins un homme.
« Ben vas-y, te gêne pas, mate le cul de mon copain !
- Hein, quoi ?
- Je t’ai vu regarder les fesses de Justin !
- Moi aussi je t’ai vu...
- Mais non, vous êtes bêtes. Je regardais dans le vide, je ne le matais pas. Et puis quoi encore ? Et donc, c’est ton co-pain ?
- Mouais... Passons. Bon et alors ? Vous le trouvez comment ? Il est génial non ?
- Pour le moment, j’aime beaucoup. Il a l’air d’avoir les pieds sur terre, c’est important ça.
- Oui, il sait ce qu’il veut et je crois qu’il est équilibré.
- Ce qui n’était pas gagné d’avance pour quelqu’un venant du Havre.
- Tu exagères Boris.
- Je plaisante. Non, il est vraiment sympa et plutôt beau gosse quand on aime le genre sportif en pleine santé et à la mâchoire avenante. Pas vrai  Simon ?

- Je ne me prononcerai pas. Pas envie que vous croyiez que je fantasme aussi sur lui. Il ne manquerait plus que ça ! [Oui, je sais ce que vous pensez...]
- Désolé. C’était ma mère.
- Alors, si c’était ta mère, tu es tout excusé !
- D’ailleurs ça me fait penser qu’il faudrait que je rappelle la mienne sinon un de ces quatre, elle va débarquer de Saint-Malo et là, ça va me faire tout drôle !
- Ah mais oui, c’est vrai ! Norma m’a dit que tu étais de Bretagne.
- Et oui. Enfin de Bretagne et d’ailleurs. Du côté de ma mère de Bretagne en tout cas. [et là, bizarrement, je sentais le truc arriver. Du genre ah mais oui ! J’y suis ! C’est là qu’on s’est déjà vus !]
- Ah mais oui, j’y suis ! C’est là qu’on s’est déjà vus ! Tu as pris le même train que moi fin juillet ! [Merde]
- Ah bon ?
- Je ne m’en souviens pas. Tu en es sûr ? [C’était maintenant ou jamais pour donner tout ce que j’avais. C’était le rôle de ma vie. Avec un peu de chance, l’Oscar était au bout du chemin]
- Mais oui ! C’était toi. Tu m’as même souri ! [Aïe]
- J’ai effectivement pris le train fin juillet mais ça ne me dit rien.
- Ma valise s’était même ouverte sur le quai de la gare. J’avais l’air d’un con.
- Putain, mais je dois vraiment perdre la mémoire...
- Tu t’en souviens pas du tout Simon ?
- Ben non, puisque je vous dis que non !
- C’est bon, t’enflamme pas ! T’es sûr que c’était lui Justin ?
- A 100% ! Tiens, même que ta sonnerie de portable c’était Lady Gaga !
- Ah, ben oui, aucun doute c’était bien toi !
- Ouais... Faut dire qu’à cette époque, j’étais un peu ailleurs. Surtout ce jour-là. Il ne faut pas m’en vouloir.
- Je ne t’en veux pas. J’avais juste l’impression que je t’avais tapé dans l’œil !
- Pourquoi ça ? [Et là, j’espérais que quelqu’un entrerait en hurlant dans le restaurant C’est la guerre ! Evacuation ! Tous aux abris, ils débarquent !]
- C’est quoi cette histoire ?
- Rien, mais tu n’as pas arrêté de me fixer et de me sourire pendant trois heures. J’en ai même déduit direct que tu étais gay.
Note pour plus tard : Revoir à tout prix et le plus rapidement possible mes techniques d’observation des garçons sexy, sinon je cours à ma perte...
- Comme s’il fallait ça pour s’en rendre compte... Rien que la sonnerie Lady Gaga...
- Ah oui ? Je ne regardais pas le paysage plutôt ? Il est joli dans ces coins là. [Tu parles, le paysage est triste à mourir. Oh des pommiers ! Oh une vache ! Oh une ferme délabrée ! Oh encore une vache !]
- J’avais pas l’impression. Mais bref, passons, je me faisais sûrement des films...
- Et là, c’est le moment où tu m’annonces que finalement tu es gay c’est ça ?
- Oui, c’est ça ! Mais avant que tu partes en hurlant et en me maudissant, si on prenait un dessert ? »

Une crêpe au chocolat. Voilà la solution miracle à tous les problèmes. Avec ça, on oublie tout. Plus d’histoires de train, de boxer turquoise, de mensonges éhontés. Le compteur est remis à zéro et on repart sur de bonnes bases. Enfin presque. Si ça s’avère très efficace sur les petits tracas sans conséquence du quotidien, il n’en est pas de même pour les gros problèmes épineux du style ‘papa m’a coupé les vivres et bientôt mon compte en banque sera aussi sec que le cœur de Madame de Fontenay’. Ça serait bien, remarquez, si ça pouvait aussi résoudre ça. Tout le monde serait heureux...et obèse !
Boris n’avait pas beaucoup parlé ce soir. A peine quelques phrases ça et là. Les vraies questions, il les avait écartées d’un haussement d’épaules et moi je n’avais comme seule réponse aux interrogations silencieuses de Norma qu’un regard qui voulait dire je te raconterai. Je sentais sa jambe bouger frénétiquement sous la table et plusieurs fois, j’essayai de la calmer par une légère caresse, ça n’y changea rien. Je savais que Boris se faisait un sang d’encre et qu’il regrettait déjà son emménagement précipité. Il était temps de rentrer pour réitérer mes paroles réconfortantes et peut-être même lui révéler mon secret concernant Justin. Avec un peu de chance, la soirée se terminerait par des éclats de rire.

« Bon, vous êtes sûrs de ne pas vouloir venir boire un verre à l’appart ?
- C’est vraiment gentil Justin mais on n’a pas beaucoup dormi la nuit dernière, on est rincés ! Une autre fois ! Et puis n’oublie pas mon anniversaire le week-end prochain.
- Pas de souci !
- Mais tant que j’y pense, passe dimanche si tu veux ! Il y aura un ami des Etats-Unis. Il vient pour quelques jours. On fera un petit goûter si tu veux !
- Ça aurait été avec plaisir mais j’ai une compétition ce week-end.
- A la semaine prochaine alors ! Rentrez bien et puis nous, Norma, on se voit demain avec Clara.
- Ouais, en fin de journée, le temps que je rentre.
- Ah, tu bosses demain ?
- Ouais. 9h-16h non stop. On se voit vers 18h je pense. Ça ira ?
- Oui, oui. Boris, t’iras chercher Thad à la gare ?
- Ouais. Pas de problème.
- Bon allez, bisous et merci encore Norma !
- De rien ça m’a fait plaisir. Prenez soin de vous. Love you. »

Sur le chemin de retour, bien que nous n’ayons que quelques centaines de mètres à parcourir, je pris la main de Boris et la serrai fermement.
« On a passé une bonne soirée non ?
- Oui, Justin est vraiment un garçon sympa.
- Carrément. T’as pas beaucoup parlé dis donc...
- Je n’avais pas envie d’être bavard ce soir.
- Tu l’es jamais vraiment beaucoup.
- Tu sais comment je suis. Des fois, j’aime bien écouter les gens. Ça ne veut pas dire que je m’ennuie pour autant.
- Je sais. Tu es toujours inquiet. Je me trompe ?
- On le serait à moins. Non ?
- Oui. Mais je t’ai dit qu’on allait s’en sortir.
- Ce sont des paroles ça. Pour le moment, je ne peux pas m’empêcher de m’inquiéter et c’est bien légitime. Je passe du statut de petit-ami en or à celui de pique-assiette.
- C’est toi qui le penses ça. A aucun moment, je n’ai pensé ça de toi. Jamais depuis que tu m’as annoncé cette nouvelle je n’ai pensé comment est ce qu’on va faire ? Je n’ai pas l’intention de payer pour deux ! Jamais !
- Je sais que ce n’est pas ton genre. Mais je vais abuser de ta gentillesse et ça me dérange.
- Nous sommes un couple maintenant Boris ! Alors ce n’est pas toi et moi. C’est nous ! Evidemment, je ne suis pas en train de dire que si cette situation s’éternisait pendant des années, je garderais le sourire et dirais Amen mais là, ça fait, à peu près cinq heures que tu m’as mis au courant alors relax mon Prince. Et puis, ce n’est pas comme si ton compte en banque était vide...
- Non. Enfin je n’espère pas.
- Combien tu as sur ton compte si ce n’est pas trop indiscret ?
- Je n’en ai aucune idée.
- Tu ne sais pas du tout ?
- Non. Mais j’irai voir demain matin. Ou je peux y aller maintenant.
- Non, tu iras demain, t’en fais pas. Ça ne va rien changer pour ce soir. Le tout c’est de garder la tête sur les épaules et de faire les choses intelligemment. Et puis, on ne va pas commencer à se prendre le chou pour des histoires d’argent parce que c’est comme ça qu’on va aller droit dans le mur. On n’est pas à la rue, donc tout va bien ! »

Etrangement, en rentrant chez nous, je n’étais même plus fatigué. J’aurais bien rappelé Norma pour lui dire que tout compte fait, j’arrivais mais je pense qu’elle était plutôt contente que je décline l’invitation. Et je la comprenais ! Après tout, elle sortait avec Monsieur Boxer Turquoise ! C’était la classe ! Pour une fois qu’elle et moi, nous nous rejoignions sur un garçon ! Bien sûr, elle n’en saurait jamais rien et puis, j’allais devoir apprendre à l’appeler Justin et puis c’est tout parce que quand je suis bourré, ma langue parle plus vite que mon cerveau...
« T’as envie de dormir toi ?
- Plus trop non. Je vais me faire un thé, tu en veux un ?
- Bonne idée. Un Earl Grey s’il te plait. Tu peux donner sa pâtée à David aussi.
- Ok. On est vendredi, il n’y a pas Tracks ce soir ?
- Ah oui, je vais allumer. Tu sais j’ai un truc à t’avouer.
- Quoi ?
- Une révélation choc...
- Ouh la. Je ne sais pas si je dois avoir peur ou être impatient là !
- Tu vas juste te marrer et te foutre de moi.
- C’est sur Justin c’est ça ? Tu te souviens de lui ? Et effectivement tu as imaginé des tas de trucs sales avec lui ?
- Mais ! Comment t’as deviné ?
- T’aurais dû voir ta tête ! C’était obligé !
- J’avais l’impression d’avoir été parfait dans mon rôle pourtant... Vague et mystérieux...
- Ben c’est raté ! Et je pense que Norma et Justin t’ont grillé aussi. Ou alors ils ne sont pas très perspicaces.
- Tu crois ? Merde ! Et moi qui croyais que l’Oscar était pour moi cette année.
- Désolé de réduire à néant tes espoirs mon chéri, mais à ce rythme-là, même Sandra Bullock en aura un avant toi ! »


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